Mystère des bois de Montot qui devinrent Bois de Brazey.

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Le mystère des bois de Montot qui devinrent Bois de Brazey.

Article proposé par B. Thiebergien (Octobre 2003)

C'est vrai que les bois communaux situés sur le territoire de Montot ont une histoire singulière.

Au départ, il y a bien longtemps, les bois de Montot s'étendaient sur une superficie de 288 ha et 93 ares. Un jour, 217 ha et 17 ares furent cédés à la commune de Brazey-en-Plaine...

Quand exactement et pourquoi? Là, les avis divergent...

Pour certains, l'affaire date du moyen-âge, au XIIème siècle, mêlant étroitement la Sainte-Chapelle (fondée en 1172). On sait que la première mention de Montot apparaît sous l'orthographe de "Montet", et que Gauthier cède son fief de Montot aux chanoines de la Sainte Chapelle. On sait aussi que le village n'a jamais été géré par les cisterciens, même si l'on retrouve trace du passage des Bernardines à Tart-l'Abbaye... Il aurait alors été question de céder une partie des bois communaux de Montot à Brazey pour s'attirer les bonnes grâces des ecclésiastiques de l'époque afin que les montetois puissent bénéficier d'offices religieux en l'église du village le dimanche... Une thèse peu convaincante...

D'autres parlent volontiers du canal de Bourgogne, convoité par les habitants de Montot pour son accès vers les fleuves et qui permettait le chargement de marchandises. Montot aurait alors cédé une partie de ses bois pour ne plus payer de taxes à Brazey et accéder ainsi gracieusement au port du canal brazéen. Thèse peu convaincante également, car le canal fut mis en service partiellement entre Dijon et St-Jean-de-Losne en 1809; il aurait alors été retrouvé des traces écrites de cette cession...

Un jugement de 1784

La version la plus vraisemblable provient d'une explication de Maurice Arbassier, instituteur originaire de Montot, qui déclarait en 1910 qu'on lui avait transmis oralement ce qui suit: "Par jugement du 21 juin 1784, la commune de Brazey devient propriétaire des 4/5 ème des bois de Montot, le 1/5 ème restant est tout de même laissé aux montotois qui en compensation sont autorisés à faire paître leurs troupeaux sur les pâtis de Brazey, situés à l'époque à l'emplacement de la gare SNCF, soit à trois kilomètres de Montot".

Alors, qui croire et que penser de l'origine encore bien imprécise de cette cession. En tout cas, Robert Rebulliot, ancien maire de Montot, avoue avec un sourire malicieux et non sans humour: "Nous aurions dû récupérer nos bois depuis longtemps, car de nos jours l'église de Montot n'accueille le prêtre du secteur paroissial que tous les trois à quatre mois, qui plus est le samedi soir et jamais le dimanche..."

Toujours est-il que Brazey continue à payer à la commune de Montot une taxe foncière sur le non-bâti pour pouvoir exploiter ses propres bois, composés à 95% de chênes, et qui lui rapporte, bon an, mal an, grâce à son exploitation, une manne financière appréciable...

En fait, le mystère de cette cession reste pour l'instant entier...

Sources Fernand Buillot, Robert Rebulliot, Jean-Louis Tourret.

Les différentes parcelles s'étalent au-delà de « la voie romaine ». Brazey en Plaine dispose ainsi de 468 ha de bois et 25 ha d'étangs au total.

(Voir par ailleurs la rubrique ENVIRONNEMENT : La forêt de Brazey)