Mariguet : trois vétérans des armées républicaines, royales et impériales, 1793-1875
Sous un impressionnant monolithe dressé dans la partie ancienne du cimetière brazéen reposent trois frères ; Rémi, Jacques et Claude Mariguet, vétérans des armées républicaines, royales et impériales, tous trois capitaines et originaires de Brazey-en-Plaine. Qui sont-ils ? Quel fut leur destin ?
Article proposé par B. Thiebergien le 11/03/2007
Le monument, en pierre taillée, est sobre, surmonté d'un fronton au sommet duquel repose un crucifix, de la même facture. Ce fronton est orné sur sa face avant de deux épées entrecroisées et d'inscriptions chiffrées, semblant signifier l'appartenance des gisants à divers régiments de l'époque.
Sur la grosse partie parallélépipédique inférieure, est fixée la rosace métallique du souvenir français, puis en dessous, une inscription : « A la mémoire de trois vétérans des armées républicaines, royales et impériales, 1793-1875, les capitaines Rémi, Jacques et Claude Mariguet ».
Le sieur François Mariguet, d'abord manouvrier, puis cultivateur et enfin laboureur, époux de Simone Lemaitre, a déclaré le 14 août 1832 à midi au maire officier de Brazey-en-Plaine, François Delafalize, la naissance de son troisième fils Claude. L'on sait qu'au cours de cette déclaration étaient présents Jean Bertaud, 34ans et instituteur, et François Monot, 42 ans et cultivateur, tous deux domiciliés à Brazey-en-Plaine.
Puis les choses se compliquent, car il est établi que Simone Lemaitre a mis au monde, avant Claude, deux autres garçons: Rémi, puis Jacques.
De ces deux premières naissances, on ne sait pas grand-chose, si ce n'est que Rémi Mariguet fut le premier chef de la compagnie de pompiers brazéens entre 1830 et 1832 après être entré au 10e Bataillon d'une compagnie en 1793, nommé caporal le 5 floréal an III, sergent en 1811, lieutenant en 1812, capitaine en 1813, et que Jacques fut jardinier avant d'embrasser, comme ses deux frères, une carrière militaire.
Provisoirement promu capitaine
Mais revenons à
Claude Mariguet, né le 14 août 1832.
A l'époque, la France est dirigée par Louis-Philippe,
« roi des Français » (et non de France), la
construction du canal de Bourgogne, commencée en 1777, est
enfin achevée. En 1848 la deuxième République
sera instaurée, avant l'avènement de Napoléon
III de 1852 à 1870.
En fait, au vu du cours de l'histoire, Claude Mariguet et ses frères serviront dans les armées républicaines, royales et impériales, au gré des changements de politique.
Le lieutenant Claude Mariguet a intégré le 68e régiment d'infanterie de l'armée du Rhin, où il fut « provisoirement promu » au grade de capitaine au sixième de ligne par le maréchal de France le 24 août 1870, blessé le 13 avril 1871 dans le camp retranché de Neuilly « d'un éclat de projectile à la face sans gravité », puis fait chevalier de la Légion d'honneur le 1er juillet 1875 « avec traitement annuel de 250 francs ».
Nommé capitaine d'infanterie « en retraite », il est proclamé par décret capitaine de réserve le 11 mai 1876, placé à la suite du 10erégiment d'infanterie de ligne avec pour ordre de se rendre à Auxonne en cas de mobilisation, et ce dans les deux jours.
Il est dégagé de toute obligation militaire le 26 mai 1880. Mais le 4 août 1894, Claude Mariguet est enfin nommé officiellement au grade de capitaine, puis placé au 58e régiment territorial d'infanterie.
Enfin capitaine d'infanterie territoriale, sa démission est acceptée le 18 mai 1900 par le ministre de la guerre.
Nul ne sait où, quand et comment il est mort, ni quel fut le destin civil et militaire de ses deux frères. Une histoire encore pleine de mystère.