Cloches (Histoire de)

Les cloches de l'église St-Rémy de Brazey-en-Plaine, érigée en 1837 et inaugurée le 2 octobre 1839, sont au nombre de trois, de différentes dimensions, donc d'inégale tonalité...

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Article proposé par Bruno Thiebergien, août 2003.

La plus ancienne des cloches est celle que l'on appelle la petite cloche.

Elle porte les inscriptions suivantes: "L'an 1808-Saint-Eugène, priez pour nous! M. Nicolas Toussaint, parrain, maire de la dite commune. Mme Louise Naudin, épouse de M. Pierre Philippon, marraine. MM. Claude Petitjean, Pierre Balme, Francis De la Falise, Claude Bonnefoy, adjoint au maire de Brazey, J. Thomas l'aîné et Francis Carlet, fabriciens (NDLR: membres du conseil paroissial : la fabrique). Baptisée par Sébastien Lasserne, desservant la dite Paroisse; M. Eugène Jobard Duménil, sous-préfet d'Autun. Pour Cordon, fondeur à Mâcon: Jacques Duperrier". Cette cloche vient évidemment de l'ancienne église. Elle donne comme tonalité la note si bémol. D'après certains renseignements, elle pèserait environ 300 kg.

La plus grosse cloche a été placée en 1839 à l'époque de la bénédiction de l'église.

Elle porte cette inscription: "Je convoque les fidèles au temple du Seigneur. Bénite en 1839 par M. Ménétrier, curé de cette Paroisse, M. De la Falise étant maire de Brazey. J'ai eu pour Parrain Hugues Philippon, maître des forges, et pour marraine Mme Marie Philippon, épouse de M. Hugues Magnin, maître des forges. Mollot, fondeur à Dijon". Cette grosse cloche pèse environ 2 200 kg. Comme tonalité, elle sonne le do dièse. Jusqu'en 1936, il n'y eut que ces deux cloches, la grosse et la petite, dans le clocher.

"Je m'appelle Camille-Désirée"

En 1936 apparaît une nouvelle cloche, celle que nous appelons la moyenne.

Plus grande que la petite, inférieure en poids et en volume à la grosse, elle pèse 750 kg et donne comme tonalité le fa dièse. L'inscription est assez longue: "J'appelle le peuple, j'annonce les fêtes, je demande la prière, je pleure les morts, je m'appelle Camille-Désirée. Fondue en souvenir du premier centenaire de la construction de l'église, j'ai été bénite le 10 avril 1936 par Mg Petit de Julleville, Evêque de Dijon: M. H. Bonnard étant curé de la Paroisse, René Tissot, maire de la commune, Henri François adjoint, H. Dumilieu, marguillier. J'ai eu pour marraine Camille Rémy, épouse Lanvin et pour parrain Désiré Seuillot. Je dois la vie à une souscription publique à laquelle ont participé la plupart des familles, la Commune, les Patronages, la Cie des Sapeurs-Pompiers, le Section Cotonnière, Sucrerie Bourguignonne et Distillerie"

Ajoutons que ces trois cloches sont actionnées électriquement et l'Angélus se fait entendre trois fois chaque jour.

Puissent-elles, ces cloches, sonner plus de carillons que de glas!

Pas loin de chez nous : la cloche Maria Magdalena de Magny-les-Aubigny

Le 22 juillet 1990, jour de la Sainte-Madeleine, la cloche Maria Magdalena, âgée de plus de 300 ans, se voit, après d'épiques péripéties, installée définitivement sur un chapiteau en pierre du XIII ème siècle, provenant de l'abbaye de Cîteaux, dans la chapelle installée à la gauche du choeur. Cette cloche de bronze datant de 1670 a sonné les messes sous le règne de Louis XIV... Sur cette cloche, ont peut lire "MRA MAGDALENA ORA NOBIS PARRAIN M ACOVE BEVRET EOVYER, conseiller du Roy au parlement de Bourgogne Seigneur de Magny-les-Aubigny et Charrey et Dame Denise Petit son épouse marraine".

Source "Vieux papiers brazéens" et Roger Pichon

Origine

On ne sait pas exactement quelle est l'origine des cloches. Certains savants la font remonter aux Chinois ou aux Egyptiens, à l'époque d'avant Jésus-Christ. On sait que les Grecs et les Romains se servaient, soit dans leurs maisons pour appeler leurs esclaves, soit dans certaines cérémonies religieuses, d'un instrument dont le nom gracieux "tintinnabulum" exprime bien le genre de sonorité apportée par une clochette.

Le mot cloche vient de l'allemand "glocke" qui veut dire: frapper.

Cependant, on désigna primitivement la cloche par d'autres noms. On l'appela "signum" (signal) ou encore "campana", parce que c'était de Campanie (province d'Italie) que l'on tirait les plus beaux objets en métal. De toute façon, la cloche a toujours été considérée comme étant l'organe de l'église et la voix de Dieu. Saint-Grégoire de Tours, mort en 506, est le premier à nous apprendre cette introduction des cloches dans les églises. Dès le Vème ou le VIème siècle, et vraisemblablement par les monastères, l'usage se répandit de clochettes plus ou moins fortes, qui rappelaient l'heure des exercices religieux. Peu à peu, leurs dimensions grandirent, et chaque grande église eut son bourdon... Parmi ceux-ci les plus réputés sont la "Savoyarde" de la Basilique du Sacré-coeur de Paris (18 335 kg) ou le bourdon de Notre-Dame de Paris avec ses 16 000 kg...