Canal de Bourgogne

Il en a fallu des rêves, du travail, du temps et du génie pour percer les 242 kilomètres du Canal de Bourgogne.

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Article proposé par JM Buttard (juin 2006)

(source : Canal de Bourgogne : flânerie au fil de l'eau, VNF, 2002)

Le Canal de Bourgogne : un autre jardin extraordinaire


Comme elle est belle cette ligne d'argent dessinée par l'homme, cette voie d'eau qui serpente entre la vallée de l'Yonne et la plaine de la Saône, entre collines et pâturages verdoyants, forêts rafraîchissantes, campagnes ensoleillées.


Paysages naturels ? Artificiels ? On ne sait plus.


Alentour, d'une rive à l'autre, sur plus de 200 kilomètres, c'est comme un immense jardin qui serait venu distraire le regard des bateliers de la monotonie du voyage.


Il en a fallu des rêves, du travail, du temps et du génie pour percer les 242 kilomètres du Canal de Bourgogne. « Relier la Seine au Rhône pour acheminer le vin en quelques jours à la capitale », cette idée extravagante de François 1er fera son chemin dans l'histoire : 189 écluses, 60 ans de travaux dont certains ouvrages pharaoniques - le tunnel de Pouilly en Auxois - pour matérialiser ce trait d'union entre le Nord et le Midi !


Si aujourd'hui les lentes péniches chargées de sable, de bois, de céréales ont cédé la place aux joies du tourisme de plaisance, aux promeneurs, aux pêcheurs, aux VTT, c'est que le charme de cette longue épopée est encore très présent dans les villages du Tonnerrois et des Hautes-Côtes, les monuments de l'Auxois, les paysages de la Saône. « Aimons notre canal, ligne de vie autant que lien social, sa présence nous est vitale. »



Le Canal de Bourgogne : une longue histoire
(source : Canal de Bourgogne : flânerie au fil de l'eau, VNF, 2002)


Si l'idée de joindre la Mare Nostrum, la mer Méditerranée à la Manche était déjà évoquée sous Jules César, il fallut attendre pas moins de quinze siècles pour en trouver les premières décisions autour d'un lien entre vallée du Rhône et bassin de la Seine.

Ainsi, au début du XVIème siècle, sous Louis XII, les Etats de Bourgogne étudient la possibilité de rendre navigable l'Ouche en amont de Dijon.
Les conflits religieux entre protestants et catholiques de ce siècle agité limitent toute avancée de projet jusqu'au début du XVIIème siècle, lorsque Sully, ministre d'Henri IV, demande l'étude d'une jonction entre Dijon et le bassin de la Saône. Alors que s'amorcent les travaux d'un autre canal, celui de Briare, sur les bords de la Loire, l'ingénieur en charge du dossier, un certain Bradley, songe à une liaison entre le bassin de l'Yonne et celui de la Saône. L'ébauche du projet est alors menacée par le roi Louis XIII qui souhaite réaliser une jonction entre Loire et Saône. Le dossier sommeille encore jusqu'en 1676, date où Colbert, l'intendant des Finances de Louis XIV, demande à Pierre Paul de Riquet, l'ingénieur du canal du Midi (1666-1681), de se pencher sur le cas bourguignon. Plusieurs hypothèses géographiques sont évoquées pour parvenir au franchissement du seuil de Bourgogne. Après maintes discussions de spécialistes, le tracé actuel est publié en 1727. Il prévoit notamment un système de point de partage des eaux à la hauteur de Pouilly-en-Auxois, mais n'est adopté qu'en ? 1764 !
En 1773, Louis XV ordonne la réalisation du canal par édit. Deux ans plus tard, les travaux, financés par le roi, débutent du côté Icaunais. Côté Val de Saône, les travaux, financés par les Etats de Bourgogne, ne commencent qu'en 1783. Le tronçon Dijon - St Jean de Losne est achevé à la veille de la Révolution.
Interrompu en 1793, le chantier, qui n'a que très modestement avancé, reprend en 1807, sous Napoléon Ier. Si, du côté Saône, les premiers bateaux peuvent entrer dans le port de Dijon dès la fin de l'année 1808, il faut attendre 1832 pour pouvoir traverser le bief de partage à hauteur de Pouilly-en Auxois.
Dès 1822, l'ouverture d'un fort emprunt permettait de relancer les chantiers avec l'énergie nécessaire pour achever les campagnes de travaux. Ce n'est vraiment qu'en 1860 que s'achève la construction du Canal de Bourgogne, vingt-cinq années auront été nécessaires pour voir les derniers chantiers aboutir (les barrages-réservoir, les rigoles d'alimentation ?).
Le plus long des biefs n'excède pas les 11 kilomètres, le plus court ? 201 mètres !
Si l'édifice colossal connaît ses heures de gloire dans les années 1930, avec pas moins de 800 000 tonnes transportées en 1934, il ne connaîtra jamais l'espoir qu'avaient placé en lui ses créateurs. Matériaux de constructions, bois, produits agricoles, hydrocarbures et autres pondéreux (sables ?) vont bénéficier quelques décennies de ce mode de transport particulièrement peu polluant.
Mais le Chemin de Fer puis le développement du réseau routier et autoroutier auront raison du fameux canal. Son apogée aura à peine duré un siècle ?

Le Canal de Bourgogne à Brazey en Plaine C'est une magnifique ligne droite de 6 500 m qui traverse la commune.
Lorsque l'on remonte de St Jean de Losne pour aller à Dijon, on aborde déjà l'écluse de la Viranne (juste à côté de l'entreprise Bonna Sabla). A remarquer : ce petit ruisseau passe sous le canal.
Ensuite, le bief, propice à la promenade à bicyclette et au footing sur la droite, nous amène au petit port de Brazey. Une halte s'impose pour profiter des commerces locaux et visiter le magnifique Parc Magnin et sa collection d'arbres remarquables (plan à l'entrée, possibilité de visites guidées par l'Association des Amis du Parc Magnin : rubrique ASSOCIATIONS).
Les magnifiques maisons bourgeoise, privées ou publiques et les édifices religieux de la commune méritent également un petit coup d'oeil.
500 m plus loin, après l'écluse, à proximité des silos de la Malterie, ne manquez pas de rendre visite au Galopin. Un magnifique Centre Equestre (Rubrique SPORT)où se déroulent de nombreuses compétitions sportives : cheval, poney, calèche ? à vous de choisir.
En poursuivant vers Dijon, 1500m plus loin, vous découvrirez une magnifique écluse toujours très agréablement fleurie. Pour preuve, MMme Queroy ont obtenu en 2002 le 3ème prix des écluses fleuries.