2ème Guerre Mondiale (Maquis Bonaparte)

Traditionnelle cérémonie au monument Bonaparte situé Route d'Echigey à Brazey-en-Plaine pour la commémoration de l'armistice du 8 mai 1945.

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Le Maquis Bonaparte

Article proposé par Bruno Thiebergien

8 mai 2002, en présence de nombreuses personnalités, Hubert Marlien, président de la section Rhin-et-Danube, dépose une gerbe en mémoire de tous ceux qui ont donné leur vie pour que la France retrouve la liberté.

Dans ses propos, Hubert Marlien relate son entrée au maquis Bonaparte après avoir été désigné pour le service de travail obligatoire (STO) en Allemagne: "M'accorder, en ce lieu du souvenir, la liberté d'expression est pour moi très émotionnel, la considérant comme un hommage aux 193 maquisards de ce lieu vulnérable qui aurait été, sans l'échauffourée d'Echigey, assailli par l'occupant. Il s'agit effectivement d'honorer cette stèle, symbole des sacrifices de jeunesse et vie des quatorze maquisards dont les noms sont gravés. Eux aussi avaient choisi la liberté et la lutte contre l'envahisseur, et pour eux, Pierre Lapostolle, l'inoubliable héros du maquis Bonaparte, pour les déportés, les torturés jusqu'à la mort, pour les fusillés innocents et tant d'autres sacrifices".

Aux Morts du Groupe Bonaparte

Baratin Alexis, Besse Robert, Desvigne Marcel, Drouaillet André, Garreaud Maxime, Loury André, Loury Jean, Mazoyer Bernard, Millien Paul, Millière Bernard, Roche André, Voisin Pierre, Tissot Albert, Trullard Marcel.

Le Maquis BONAPARTE (F.T.P., puis I.S.)

Mise en ligne juillet 2004

FTP : Francs-Tireurs Partisans ; S.O.E. : Secrete Operations executive (Services d'Action britannique) Sources : Résistance en Côte d'Or (Tome 1). Gilles Hennequin. 1985. 2ème édition.En vente chez l'auteur : 14 rue Haute. 21270 Heuilley sur Saône. Article publié avec l'autorisation de l'auteur, proposé par JM Buttard, avec les aimables précisions de M. Daniel DERIOT, originaire de Sassenay. (décembre 2004)

Fin mai 1944, Henri Rejenet (Paul, Jacky) (voir plus bas)déjà à l'origine de Du Guesclin organise et commande près de Saint-Jean-de-Losne à Franxault en forêt de Pochon le Maquis Bonaparte (une quinzaine d'hommes). Le contact est établi avec les groupes Dubois (SOE., à la limite Côte-d'Or-Saône-et-Loire-Jura) et Marius (F.T.P., vers Verdun-sur-le-Doubs, dont relevait selon J. Mignot le groupe de sabotages « Rémond »).

Début juin, les G.M.R. gardant les écluses de Chaugey et Saint-Jean-de-Losne sont désarmés au profit du groupe ; 38 G.M.R. de Dole déserteurs sont dispersés par les Allemands après avoir gagné la forêt : Bonaparte récupère leurs armes. Sur ordre de Rejenet, Moron contacte un groupe de G.M.R. (peut-être celui-là) vers Bousselanges (voir Tome 5 pages 48 et suivantes).

Le 9 juin, le Maquis gagne la forêt d'Esbarres, établit le contact avec les groupes Morane (près de Verrey-sous-Salmaise) et Casse-Cou d'André Moulinier, du SOE, près de Laignes), avec l'Inspecteur MARILLIER des R.G., avec l'E.M.-F.F.I.

Le colonel Albinet (Martel) vient donner ses conseils et contrôler les plans de défense. Le capitaine Loquin et le sous-lieutenant Grandperret assurent le service de santé. Victor Chaudron (Jacquelin) seconde Rejenet. Le Maquis Bonaparte est encadré par des officiers et sous-officiers de réserve : lieutenant Boulier d'Esbarres, lieutenant Durtaut, adjudants Perdriset, Beaumeunier, Millière, Panier ; et par des sergents d'active : Soler, Guillaume, Wilhehn, Logerot.

Vers le 15 juin, Bonaparte est affilié au SOE

Rejenet est alors secondé par Jego sous l'autorité du capitaine anglais Albert à Dole (dont l'adjoint est Georges Millar alias Emile parachuté vers Chaignay et auteur du livre « Un Anglais dans le Maquis »). Deux voitures du Maquis gagnent le Maquis anglais Surcouf à la ferme de Mortière près de Chaignay, commandé par le capitaine POY (Jacques) qui livre à Bonaparte explosifs, grenades au phosphore, postes de radio...

Le 6 juillet, Bonaparte reçoit un parachutage.

En juillet, le groupe Victor de Losne rejoint Bonaparte et Moron (Murat) devient l'adjoint de Rejenet ; Victor Chaudron les épaule.

Fin juin et début juillet, quatre écluses des canaux de Bourgogne et du Rhône au Rhin sont successivement sabotées. Moron et cinq hommes font sauter celle du barrage de Chaugey : la Saône baisse de 1,45 m et ne sera rendue à la navigation qu'après la Libération.

Mais cette action entraîne le repérage du Maquis ; une attaque contre lui se prépare : Bonaparte se replie le 11 ou 12 juillet à l'abbaye de Sainte-Marguerite vers Bouilland. Au cours du trajet, un accrochage a lieu à Chorey-les-Beaune.

Le 18 juillet, le Maquis est attaqué à Bouilland ; deux side-cars allemands sont détruits, plusieurs camions endommagés. Le F.F.I. Bernard Millière est tué. Le Maquis doit se disperser.

Regroupement au bois de la Bauche vers Pagny-le-Château ; nouveau sabotage d'écluse à Saint-Symphorien. Contact avec les F.T.P. Pierre Semard vers Longchamp.

Le 25 ou 26 juillet, épisode qui rappelle fort l'affaire Werner : à la suite d'un accrochage vers la boulangerie Mercier à Pagny, le major allemand Pilatus est blessé et enlevé. Environ 2.000 soldats encerclent le village qui sera brûlé (et des otages fusillés) si l'officier n'est pas rendu. La Gestapo patrouille. L'officier est remis à l'abbaye de Cîteaux.

Nouveau parachutage le 30 juillet, partagé avec Du Guesclin.

Fin juillet ou début août, un millier d'Allemands arrivent à Pagny et Bousselanges. Les maquisards doivent à nouveau se disperser et détruisent leur camp. Bonaparte se reforme en forêt d'Echigey, récupère ses armes cachées. Le groupe Briquet (dépendant de Bonaparte) est créé vers Longecourt.

Chaque semaine, un compte rendu était adressé au commandant Patt qui donnait des consignes. Il est remplacé par le commandant José (alias Georges André) cantonné au Maquis Surcouf et travaillant en étroite collaboration avec le 1er S.A.S. (commando de parachutistes britanniques) du capitaine Wiesman qui était en relation avec Londres.

Le Maquis Bonaparte put faire parvenir des renseignements importants à Wiesman qui fit intervenir l'aviation britannique.

En août, les 4, 7, 16 et 25, le groupe obtiendra des Anglais quatre parachutages (partagés avec Du Guesclin) au terrain Accordéon (entre Vielverge et Lamarche).

Le 10 août, Surcoût livre encore deux tonnes d'explosifs, armes et munitions. Début août. le groupe sabote les voies près de Trouhans, puis près de Beire-le-Fort où un Allemand est tué par l'explosion. (Le 1° S.A.S. anglais avait ordonné de faire sauter le pont de Beire mais la mission ne put être remplie).

Le 15 août, au cours d'une mission en gare de Saint-Jean-de-Losne, le F.F.I. André Tissot d'Aubigny est tué victime d'une méprise.

Vers le 20, le pont de la Biètre (vers Saint-Usage) est saboté ; puis deux déraillements à Longeault effectués par Ch. Ménétrier paralysent définitivementent la circulation sur la ligne Dijon-Saint-Jean-de-Losne.

Le 24, l'E.M.-F.F.I. (Alizon) fait connaître au Maquis sa tâche pour la Libération de Dijon.

A partir du 25, le harcèlement prend le pas sur les sabotages : des mines sont posées sur les routes vers Tréclun (où la R.A.F, mitraille un convoi bloqué par les explosions) entre Seurre et Saint-Jean, entre Saint-Jean et Auxonne, entre Saint-Usage et Trouhans. Une quinzaine de camions sont détruits, une vingtaine de soldats tués. Des crève-pneus sont semés un peu partout.

Fin août, Bonaparte compte environ 300 hommes ; il doit refuser des volontaires. Clivet de Pontailler est à la section mitrailleuses lourdes (récupérées après la chute d'un STIRLING près de Brazey).

Le 1er septembre l'agent de liaison Altaïr est arrêté par un barrage (et sera déporté).

Le 4, la R.A.F, détruit le pont de Seurre. Les Allemands protègent leur retraite en coupant le pont de Saint-Jean-de-Losne : le Maquis Bonaparte n'a pu intervenir pour éviter cette destruction car il est arrivé trop tard. Au retour, les hommes sont rudement accrochés à Echigey ; Rejenet et le docteur Loquin y attaquent le château sans succès.

A partir du 6 septembre, le Maquis se trouve encerclé par 5.000 soldats chargés de protéger la retraite de la XIXe Armée. Bonaparte reste bloqué jusqu'au 8.

Dans la nuit du 6 au 7 septembre, un groupe de quatre hommes réussit à franchir le dispositif ennemi : un parachutage est annoncé sur Accordéon («Le merle chantera ce soir à six heures, quatre fois avec douze amis»). Mais l'équipe ne peut traverser la Saône à Lamarche ; Du Guesclin qui se bat vers Moissey ne peut être joint : le largage n'a pas lieu.

Le 8 septembre à 20 h 30, un agent de liaison annonce que le Maquis Dubois a libéré Seurre.

Le 9, à 7 h 20, arrive la première auto-mitrailleuse du 2e Spahis Algérien de Reconnaissance de la 2e D.B. Le Maquis Bonaparte reçoit l'ordre de tenir le pont de Trouhans, point le plus avancé du secteur tenu par la 1èreF6 Armée Française.

Le 10, à 6 h 30, Saint-Jean est libéré par le 2e Spahis mais l'avance est arrêtée là par une forte défense allemande à la sortie de Saint-Usage. Le même jour, Bonaparte établit le contact avec le P.C. du colonel Lecoq du 2e Spahis, installé à l'abaye de Cîteaux. Le Maquis servira d'infanterie pour exécuter le mouvement enveloppant sur Dijon. Trois sections commandées par Moron, Boulier et Durtaud sont détachées a Varois tandis que le reste du Maquis Bonaparte commandé par Rejenet et Loquin se tient à Arc-sur-Tille avec les Blindés.

Bonaparte entre à Dijon le 11 septembre : les Allemands ont fui par la route de Langres. Le Maquis s'installe au château de Rouvres-en-Plaine et, dans les jours qui suivent, ratisse les forêts du secteur (Cîteaux surtout) et capture des Allemands qui s'y sont regroupés. Le Maquis Bonaparte forme la 3e Compagnie du Régiment de Bourgogne qui participe à la campagne d'Alsace.

La Basse Plaine de la Saône d ans la Résistance Henri Rejenet a organisé la Résistance dans la région Auxonne St Jean de Losne

En avril 1943, le Conseil Municipal de Flagey-lès-Auxonne est dissous et remplacé par une Délégation spéciale. Quelques mois avant le Débarquement de Normandie, la Résistance n'était guère organisée dans la région Auxonne - Saint-Jean-de-Losne. Louis François (Commandant F.T.P. Albert) dit d'ailleurs : « Nous avions un peu délaissé ce secteur, à tort bien sûr ». C'est que cette plaine parfaitement plate, avec ses forêts relativement peu vastes, n'était guère propice à l'implantation de maquis ; en 1943, un parachutage effectué vers Les Maillys avait entraîné dénonciations et arrestations...

Pourtant, par l'importance de ses voies de communications : routières, ferroviaires et navigables, le contrôle de cette région, véritable artère du pillage nazi, devenait indispensable ; là passait aussi la future voie de retraite de la Wehrmacht (Dijon-Belfort).

C'est surtout à Henri Rejenet que revint la tâche d'organiser la Résistance dans la région Auxonne - Saint-Jean-de-Losne. Instituteur en Saône-et-Loire, Rejenet avait organisé à Sassenay le 15-8-43 avec le maire Brondeault les obsèques de 8 aviateurs anglais abattus. Les Allemands dispersent le cortège, arrêtent le maire ; Rejenet leur échappe de justesse, sa maison est perquisitionnée. Il était en relation avec André Dessèvre (Alain) responsable de la J.C. en Saône-et-Loire devenu Commissaire aux Opérations Régional Adjoint F.T.P.

En janvier 1944, Dessèvre présente Rejenet à Legrand, à Jeannot et à Henri Goichot (Riton, de Lusigny-sur-Ouche, Recruteur Régional F.T.P.) Rejenet devient l'adjoint de Goichot puis le remplace et est aussi C.O.R. ; c'est ainsi que Rejenet conduit 4 jeunes de Seurre à Perchet à Segrois et plusieurs Dijonnais au groupe Morane.

Puis Rejenet crée dans la vallée de la Saône les Maquis Du Guesclin et Bonaparte.

Vers juin 1944, Bonaparte et Du Guesclin sont affiliés aux Services Buckmaster (du nom du colonel anglais Maurice Buckmaster, chef de la Section Française du « Secrete Operation Executive S.O.E. », alias Jean-Marie entre autres).

Hommage

Mise en ligne mai 2005, information de Gilles Hennequin André Seuillot est né le 19 mai 1918 à Brazey en Plaine, il habitait 35, rue Charles Poisot à Dijon. Il a perdu la vie au camp de Gross-Rosen en février 1945.